Psy thérapie brève à Bergerac

La solitude et le groupe selon C. Rogers

Ces derniers éléments sur l’apport de C. Rogers permettent de compléter nos précédents articles sur l’approche intégrative.

La discordance essentielle

(Extrait de « l’approche centrée sur la personne »)

« …En empruntant, pour les faire nôtres, les idées des autres, nous perdons à la fois contact avec les trésors de sagesse de notre organisme, et confiance en nous-même. Le fossé, souvent profond, qui sépare ces valeurs spéculatives de notre expérience personnelle, équivaut fondamentalement à un divorce intérieur, d’où jaillissent pour beaucoup la tension et l’insécurité contemporaines. Cette discordance, essentielle, entre ce que nous pensons, et ce que nous vivons réellement, entre la structuration intellectuelle de nos valeurs et le processus de valorisation intérieur dont nous n’avons pas conscience, est un élément constitutif de la dislocation intérieure fondamentale qui caractérise l’homme moderne, et un grand problème pour le thérapeute ».
 

À propos des groupes de thérapie

Rogers attire notre attention déjà dans les années 70, dans son livre sur sa pratique des groupes de rencontres sur les phénomènes de société et sur le fait que les groupes de rencontre pourraient constituer une réponse, face à la précarité, au déracinement en un mot à la déshumanisation de notre civilisation.

Les êtres humains deviennent de plus en plus conscients de leur solitude : « Il y a deux aspects qui me semblent essentiels. Le premier, c’est la solitude, l’individualité, qui constitue d’ailleurs un des fondements de l’existence humaine.
Nous ne saurons jamais ce que c’est qu’être l’autre. Que nous désirions nous communiquer entièrement ou au contraire maintenir de grands domaines privés, il reste toujours que notre véritable unicité nous sépare. En ce sens, chaque homme doit vivre seul et mourir seul.

Rogers insiste aussi sur le fait que chacun apprend très tôt dans la vie qu’il sera plus facilement aimé s’il se comporte d’une certaine manière, approuvée par les gens qui lui importent. Ainsi, la personne s’enveloppe d’une coquille de comportements externes par lesquels elle entre en rapports avec le monde extérieur (schèmes, scénario de vie). Il arrive à la conclusion que la solitude d’un individu confine au désespoir, lorsque la personne s’aperçoit que le sens de la vie ne réside pas et ne peut résider dans les rapports de façade avec la réalité extérieure : « la solitude existe donc à de multiples niveaux et à des degrés divers, mais elle est particulièrement profonde et poignante chez celui qui, pour une raison ou une autre, se retrouve soudain — alors qu’il est démuni de certaines de ses défenses habituelles — avec un moi vulnérable, effrayé, solitaire, mais réel, convaincu d’être rejeté d’une monde qui le juge.

C’est sans nul doute dans une expérience de groupe organisé que l’individu trouve souvent un remède à son isolement, surtout si ce groupe lui permet d’être lui-même sans avoir à être déjugé. Les évaluations auxquelles Rogers s’est livré, lui a permis de démontrer que les groupes de rencontre, qu’il observait, avaient produit réellement des changements importants et positifs pour les participants.
 

À propos de l’éducation

À mesure qu’il prenait conscience des attitudes facilitatrices en relation d’aide Rogers se convainquit que sur le plan pédagogique aussi elles conféraient aux apprentissages un sens et une autonomie remarquables.

Dans son ouvrage « Relation Interpersonnelle et facilitation de l’apprentissage », il prolonge sa réflexion sur le processus d’apprentissage. De même que la thérapie centrée sur le client fait passer le pouvoir des mains du thérapeute à celle du client, l’enseignement centre sur l’apprenant le transfert de l’enseignant à l’étudiant, créant un mouvement qui affecte le système politique tout entier. Dans ce sens, il écrit un article consacré aux « politiques éducatives » que vous trouverez dans le livre de référence "l’approche centrée sur le client". C’est aussi à travers cette recherche qu’il mettra en évidence l’importance plus grande de la motivation intrinsèque par rapport à la motivation extrinsèque dans le processus d’apprentissage.